28 avril 2015

#DROPTHEPLUS : la fin des standards de beauté ?

Hola ginamigos !

Aujourd'hui je vais vous parler d'un mouvement lancé par la magnifique modèle Stefania Ferrario sur lequel je me suis penchée, il s'agit du mouvement #droptheplus (droptheplus.org).

Stefania Ferrario

Mais c'est quoi cette histoire de #droptheplus ?

Tout est parti de cette photo ci-dessus postée sur le compte Instagram et le Twitter de la mannequin Stefania Ferrario (qui a notamment posé pour la ligne de lingerie de Dita von Teese, si c'est pas super classe quand même !), où on la voit en culotte avec l'écrito "I am a model" sur le ventre. Le commentaire se situant dessous sa photo Instagram fait part de son mécontentement face à la distinction entre un mannequin grande taille (dit "plus size") et un autre mannequin lambda car après tout, un mannequin reste un mannequin. Cette vive réaction est survenue après qu'une photo d'un autre mannequin "plus size", AJ Rochester, ait revendiqué le "plus size" comme étant une fierté.
Depuis, d'autres modèles ont soutenues la jolie Stefania en prenant des photos d'elles en sous-vêtements avec le hashtag #droptheplus et avec l'inscription I am a model sur leur corps. Et puis des jeunes femmes tout à fait ordinaires ont suivi également le mouvement avec comme inscription sur leur corps I am a woman. Et là, le mouvement est devenu viral. L'objectif du mouvement ? La fin des étiquettes plus size dans l'industrie de la mode, que cela concerne les mannequins, les femmes ordinaires, et surtout les vêtements.

Une industrie de la mode qui discrimine le citoyen lambda.

Je voulais absolument commenter ce mouvement sur le blog avec vous car vous savez ô combien je suis engagée sur la question des diverses discriminations, notamment lorsque ces discriminations sont incitées par les diktats de la mode et la pression des médias. Pourquoi ? Parce que l'industrie de la mode impose sa vision de la beauté humaine à travers les médias, les produits vendus. Selon la mode, une femme doit faire une taille 36 ou moins, être grande et -soyons honnêtes-, de type caucasien, pour être considérée comme belle, attirante, normale aux yeux de la société. Un homme quant à lui, se doit d'être grand et musclé (et oui, les diktats de la mode sont mixtes). La réalité est bien loin de ce que veut nous imposer la mode en terme d'idéal. En effet, la femme française moyenne (études réalisées entre 2004 et 2006) s'habillerait en taille 40, pèserait en moyenne 62kg et mesurerait 163cm. Les tailles les plus vendues dans l'industrie de prêt-à-porter serait les tailles 40 (environ 21% du marché) et 42 (17% du marché). Si l'on suit le raisonnement (stupide) de la mode et de notre société, les seules femmes considérées comme normales sont les mannequins des podiums. Donc autant dire une minorité de la population. Et ces chiffres parlant pour la femme française moyenne donnent les mêmes résultats aux Etats-Unis ou dans d'autres pays : la femme ordinaire ne correspond pas aux critères de beauté de la mode. Alors, comment cela se passe, la femme ordinaire est-elle condamnée à être vue comme une bête de foire par la mode ? La femme ordinaire est visiblement plus size pour l'industrie de la mode. Qui sont les consommateurs et consommatrices de l'industrie de la mode ? Les gens ordinaires, le citoyen lambda, qui bizarrement, ne correspond pas aux "normes". Il serait peut être temps de reconsidérer le concept de norme, voir à le supprimer car visiblement il n'a aucun sens.

Le malaise des tailles de vêtements.

Le saviez-vous ? La majorité des maisons de haute-couture élaborent leurs modèles sur des mannequins essayistes/mannequins Stockman de taille 38 ou 40.

Alors la question se pose : pourquoi fait-on défiler des jeunes femmes de taille 34 ou 36 alors que les modèles ont été élaborés sur des mannequins de taille 38/40 ? Où est la logique dans tout ça ? Certaines créateurs vous diront qu'une femme très mince a un corps "plus harmonieux" pour porter un vêtement, d'autres vous diront que c'est pour le côté androgyne (attention, je parle toujours des mannequins défilé). Il n'y a pas de justification universelle, tout dépend des préférences du créateur. Cependant, pourquoi ne pas élaborer dès le départ un prototype qui correspondent aux tailles des mannequins podium ? Il est là, le malaise. 
Parlons justement des mannequins. Est-il normal ou logique que certaines enseignes de prêt-à-porter proposant une ligne pour grandes tailles représentent les vêtements de cette catégorie sur des mannequins taille 36 ? NON, et encore NON ! Comment voulez-vous qu'une femme ronde se représente ou s'imagine dans un vêtement s'il est présenté sur une femme qui ne leur ressemble pas ? Est-ce qu'on vit sur la même planète ? Déjà que les lignes de vêtements pour femmes rondes ne disposent pas d'une gamme de produits très opulente, il faudrait en plus ne pas montrer des mannequins ronds pour représenter ces gammes ? On est où exactement ? Mon avis purement personnel sur la question des gammes dites pour grandes tailles est très simple : rien que le fait qu'on fasse cette distinction, pour moi, c'est ségrégatoire. Parce qu'on dépasse la taille 42, alors on ne dispose pas des mêmes modèles que pour les tailles inférieures. Alors c'est ainsi, la mode a décidé de réserver une catégorie de vêtements spéciale, des vêtements pour "gros" (désolée pour le terme cru), parce qu'au final c'est ça, on ne considère pas les personnes excédant la taille 42 comme normales donc on leur assigne une gamme de vêtements spéciaux. Après ce n'est que mon point de vue, mais je ne trouve pas cela très saillant, une femme ou un homme devrait pouvoir être dans un magasin de prêt-à-porter sans avoir à être catégorisé(e) et assigné(e) à un rayon particulier, à un coin du magasin.

De plus, on ne peut pas dire que beaucoup de marques embauchent des mannequins excédant la taille 36 pour représenter leurs produits. J'ai très rarement vu des marques qui représentent tous les gabarits et toutes les morphologies pour présenter leur collection. Dita von Teese, véritable icône du strip-tease burlesque et de la pin-up du XXIème siècle, est l'une des rare à avoir tous les types de morphologies pour représenter sa collection de ligne de lingerie. 

Ligne de lingerie Madame X par Dita von Teese
Le mouvement #droptheplus revendique la diversité des corps et des beautés (pourquoi concevoir la beauté au singulier, la beauté est multiple donc autant l'écrire au pluriel) au delà des tailles. Et si on arrêtait de se focaliser sur les chiffres, peut-être que plus de jeunes femmes se sentiraient bien dans leur peau, n'est-ce pas ? Qu'on fasse du 34, un 46, un 38, un 52.... Le plus important c'est de se sentir belle dans son corps sans avoir à se comparer à des icônes de mode, à ses amies, aux femmes qu'on voit dans la rue. Être belle en étant soi. 

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Maira Gall